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LE COURS DE LINGUISTIQUE GENERALE. 1916-2016. L'EMERGENCE

C’est à l’Université de Genève que Ferdinand de Saussure a professé les cours de linguistique générale. On sait qu’il a développé, dès les conférences de 1891 et auparavant à Paris, des pans de ses idées selon les besoins des différents cours qu’il donnait sur les langues anciennes. Entre 1907 et 1911, ses étudiants ont pu assister à des cours spécifiquement dédiés à une présentation de la linguistique générale – telle qu’il la concevait. Ils ne s’y sont pas trompés puisque ce sont eux qui ont réagi les premiers à la mort du maître, et se sont assurés que le contenu élaboré dans les leçons qu’ils avaient suivies ne soit pas perdu. Le Cours de Linguistique Générale est le résultat de cette entreprise destinée à perpétuer et transmettre cet héritage.

 

Le colloque de Genève est consacré à l’émergence du CLG. Ses trois sessions parallèles abordent l’ouvrage sous trois angles différents et complémentaires. Ses ateliers « libres » lui permettront aussi de s’ouvrir à d’autres perspectives.

Tout d’abord il faut traiter de la manière dont le livre publié par Bally et Sechehaye a été conçu avec ce que cela suppose comme choix: sélection du contenu, organisation de la pensée, décisions quant au développement à accorder aux idées consignées dans les cahiers d’étudiants et dans les notes de Saussure lui-même. Depuis un demi-siècle, beaucoup de chemin a été parcouru: les travaux d’Engler et de De Mauro, prolongés par l’immense entreprise - encore en cours - de présentation et d’exploitation des différentes sources, ont permis de mieux appréhender cette genèse.

Ensuite, conformément aux circonstances qui l’ont vu naître et comme son titre l’indique, le Cours de Linguistique Générale est un cours – en d’autres termes, un enseignement. Or, on le sait, ce manuel n’est pas le reflet de la réalité de la classe, des classes devrait-on dire. Il faut s’interroger sur l’aspect didactique de l’entreprise saussurienne originelle, sur sa transcription dans un manuel destiné à transmettre la connaissances - conçu par Bally et Sechehaye. Ceci explique le caractère didactique du Cours du point de vue de l’organisation des leçons où alternent moments d’explications plus élémentaires et moments d’approfondissement technique, repris par la publication; on n’oubliera pas que cet ouvrage représente un archétype de manuel pour la linguistique et les sciences humaines.

Enfin, le volet suivant s’attachera à l’histoire critique des traductions qui ont permis la diffusion internationale de l’ouvrage et de ses positions, en portant une attention particulière à la traduction de la terminologie saussurienne. Si les traductions du CLG ont bien entendu eu un rôle très important dans la diffusion ultérieure du discours genevois, il faut se souvenir que c’est au travers d’éditions bilingues comprenant non seulement la transcription des cahiers de certains étudiants mais aussi et simultanément leur traduction que l’on a pu se faire une image plus proche de la réalité du moment. Cet aspect de la recherche philologique des origines du CLG se doublait aussitôt d’une visée de diffusion internationale.